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Vendredi 23 mars 2007

Réflexion sur Factory Girl de George Hickenlooper

 

Proposition Cinéma

 

 

Edie Sedgwick fut la muse d’Andy Warhol pendant seulement un an. Pourtant, au cours de cette année, il en fit une icône de la mode, du cinéma, des médias. Évidemment, sa grande beauté, son style original et son caractère instable furent partie prenante de la fascination qu’elle exerça sur l’artiste, et par conséquent sur la jeunesse américaine des années 60.

 

Fille d’une famille assez riche (mais totalement déséquilibrée) de la Californie, Edie déménage à New York assez jeune. Elle y rencontre rapidement Warhol et devient une habituée de la Factory, lieu de travail de l’inventeur du Pop Art, ou se retrouvaient ses collaborateurs, mais surtout ses admirateurs. Évidemment, la Factory est un endroit ou toutes les excentricités sont permises, et Edie y vit ses 15 minutes de gloire en compagnie de la légende vivante qu’était déjà Andy Warhol.

 

 Le film de George Hickenlooper raconte l’ascension fulgurante de la jeune femme, puis son immanquable descente aux enfers. Car sa liaison avec une vedette de la chanson (elle est réputée avoir eu une relation avec Bob Dylan, mais une poursuite de celui-ci obligea les scénaristes à rester vague quant à l’identité de ce chanteur) rendit Warhol jaloux, et il la rejeta complètement. C’est ainsi qu’elle se réfugia dans les drogues et fut internée à plusieurs reprises.

 

Le scénario du film est plutôt conventionnel, mais un travail de recherche intéressant a été fait au niveau de la facture esthétique du film. L’utilisation du gros grain, du noir et blanc, des images d’archive, en font un film qui, à défaut d’être véritablement inventif, demeure visuellement séduisant.

 

L’actrice qui interprète Edie Sedgwick, Sienna Miller, en plus de lui ressembler de façon presque troublante, se débrouille assez bien pour illustrer le charisme et l'envie que pouvait exercer Sedgwick sur les gens qui l’entouraient. Mais comme il est déjà difficile de faire un film sur un artiste qui ne soit pas une caricature, lorsqu’il s’agit de Warhol et de son entourage, il est presque impossible de jouer ces personnages très excentriques sans tomber dans le cliché. 

 

En fait, Factory Girl est un film fascinant pour ceux qui sont attirés par cette décennie ou tout a basculé, et pour ceux qui éprouvent un malin plaisir à être témoin de vies trépidantes et de destins tragiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Virginie Doré Lemonde - Publié dans : virginiecinema
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