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Vendredi 30 mars 2007

Proposition Cinéma : Le Zodiaque de David Fincher    

 

Le dernier film du très apprécié réalisateur américain David Fincher ne ressemble en rien aux autres films qui ont fait sa réputation, tels que Seven ou Fight Club. Ces derniers étaient beaucoup plus tape à l’œil tout en étant, paradoxalement, beaucoup plus profonds au niveau psychologique. Le Zodiaque fait partie d’une autre catégorie cinématographique : l’enquête policière  très linéaire, sans artifice, dans les règles de l’art.

Rappelons d’abord les faits : entre 1968 et 1979, un tueur en série terrorise la ville de San Francisco. Il se surnomme le Zodiaque. L’enquête policière piétine, malgré les lettres envoyées par le tueur aux journaux, ainsi que les appels qu’il fait à la police après chaque meurtre. Au San Francisco Chronicle, un journaliste excentrique (Robert Downey Jr) et un caricaturiste sous-estimé par ses pairs, nommé Robert Graysmith (genre d’anti-héros interprété par Jake Gylenhaal) commencent à s’intéresser à l’histoire, à propos de laquelle Graysmith écrira deux livres, dont le film s’est inspiré.   

Le film de Fincher est extrêmement détaillé, et visuellement parfait. Toutes les lignes droites, toutes les courbes, tous les plans semblent être étudiés dans les moindres détails. La reconstitution est méticuleuse à tous les niveaux. Les dialogues sont tous importants, et l’humour noir propre au réalisateur ne fait pas défaut. Il n’y a qu’à prendre en exemple les scènes avec Robert Downey Jr, qui se démarque des autres acteurs par son sens de l’auto dérision et son potentiel comique.

À travers la reconstitution historique, les couleurs, les plans de caméra, Le Zodiaque rappelle immanquablement le cinéma américain des années 70. En fait, plusieurs références, voire mises en abîme, raviront les cinéphiles. Par exemple, le film Dirty Harry de Don Siegel (1971), avec Clint Eastwood, qui traite du même sujet (le Zodiaque), est omniprésent dans le film de David Fincher, au propre comme au figuré. Il est évident que le cinéaste est admiratif du cinéma de cette décennie, probablement celle ou le cinéma américain fut le plus subversif.

Enfin, même si le rythme s’essouffle un peu à la fin, ce film à suspense réussit à maintenir un niveau d'anxiété assez élevé chez le spectateur, et certaines scènes s’avèrent franchement angoissantes. Surtout quand on sait que le dossier est encore ouvert…  

 

 

 

 

Par Virginie Doré Lemonde - Publié dans : virginiecinema
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